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Les médecins généralistes sont les premiers interlocuteurs pour la prise en charge de la douleur, 1 consultation sur 2 ont pour cause le soulagement de la douleur. Pourtant, ils rencontrent de nombreuses difficultés :

Les difficultés de nature thérapeutiques: perte d’efficacité, augmentation sans effets sur la douleur des doses prescrites, effets secondaires, accoutumances, observances sont autant de problématiques quotidiennes que rencontrent aujourd’hui médecins et patients dans leurs quotidiens.

Les difficultés d’évaluation de la douleur: la description précise de la douleur par le patient est difficile à obtenir. Le caractère subjectif de la plainte douloureuse rend difficile son évaluation. Cette subjectivité́ s’exprime dans le ressenti du patient qui souffre et du médecin qui l’évalue. La barrière culturelle est aussi un enjeu pour comprendre la douleur du patient. Une même douleur aurait une représentation et donc une description différente selon l’origine, la culture et l’éducation du patient. Enfin les outils d’évaluations sont décrits comme inadaptés dans le suivi chronique, difficile d’utilisation en consultation ambulatoire, et donnant une information biaisée par le coté́ ponctuel de l’évaluation.

La difficulté du travail en réseau: la pluridisciplinarité est un élément essentiel pour la prise en charge de la douleur. Paramédicaux (kinésithérapeutes, infirmières, psychologues…), médecines parallèles (acupuncture, hypnose…), médecins spécialistes d’organe ou de la douleur. L’absence de réseau spécifique ambulatoire de la douleur, les délais de rendez-vous très longs, les difficultés de communication entre médecins sont ressenties comme des freins importants à la prise en charge globale.

Les difficultés de gestion de la consultation: la prise en charge des patients douloureux chroniques par les médecins généralistes posent des difficultés liées à l’organisation de la consultation. Le temps est un facteur central. La durée de consultation des patients douloureux chroniques est longue. Cependant, pour le respect de sa planification journalière le médecin généraliste à en moyenne entre 15 à 20 minutes pour un patient non douloureux chronique.

Les difficultés liées à la prise en charge psychologique: la prise en charge psychologique prend une place importante dans la douleur chronique. La douleur est parfois décrite comme un symptôme de troubles psychologiques, parfois ceux-ci étant entrainés par la douleur ou ses conséquences. Les traitements classiques de la douleur ne sont pas adaptés et une prise en charge spécifique devient nécessaire, mais difficile à mettre en œuvre. Ces problèmes empêchaient une prise en charge « classique » diagnostic-traitement.

Aujourd’hui, la prise en charge de la douleur chronique est considéré comme un « problème » un « mal-être » pour les professionnels de santé qui ne sont pas assez formés, que ne peuvent gérer le suivi des patients et qui manquent de fonds pour envisager de véritables solutions pérennes.

Pour en savoir plus : la thèse de Mariwenn Binoist et Mathieu Cochin. Difficultés de prise en charge des patients douloureux chroniques en médecine générale dans le bassin grenoblois. Médecine humaine et pathologie. 2012 : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00828882/document